Revue Voltaire n°17 - Compte rendu

mercredi 20 septembre 2017, par Myrtille Méricam

Compte rendu du numéro 17 de la Revue Voltaire consacré à l’affaire La Barre dans L’Humanité du 21 août 2017 :

https://www.humanite.fr/edition-fac...

"Édition. Face au fanatisme religieux"
Par Françoise Germain Robin
Lundi, 21 Août, 2017
L’Humanité

«  L’Affaire La Barre  » Revue Voltaire, numéro 17 Presses de l’université Paris-Sorbonne, 363 pages, 29 euros

Il y a 251 ans, le 1er juillet 1766, un tout jeune homme qui n’avait pas 20 ans, François Jean Lefebvre de La Barre, était décapité et brûlé en place d’Abbeville après avoir subi, le matin même, le supplice des brodequins. Cette torture faisait partie de la sentence rendue contre lui par le tribunal de police d’Abbeville, confirmée par le Parlement de Paris. Son crime, qu’il nia jusqu’au bout  : avoir avec une bande de jeunes gens de la ville – tous fils de bonne famille comme lui – « chanté une chanson impie, passé près d’une procession sans enlever le chapeau qu’il avait sur la tête ni s’agenouiller et rendu le respect à des livres infâmes dont le Dictionnaire philosophique du sieur Voltaire  ». Lequel dictionnaire est brûlé avec lui.

Voltaire, une fois de plus mis en cause, consacrera une partie des douze années qui lui restent à tâcher d’obtenir la réhabilitation du supplicié et du jeune Gaillard d’Etallondes (16 ans au moment des faits), condamné à la même peine par contumace  : il avait fui et trouvé en Prusse la protection de Frédéric II, ami du philosophe. La Revue Voltaire – créée en 2001 par la Société d’études voltairiennes et qui paraît tous les ans – consacre à cette affaire abominable l’essentiel de son numéro 17 qui vient de paraître (1). Des chercheurs y analysent les quelque 160 lettres et autres écrits que Voltaire a consacrés à ce qu’il appelait «  un assassinat juridique  », notamment «  Le cri du sang innocent  ». Voltaire y dénonce un système judiciaire soumis au pouvoir royal et trop perméable au fanatisme religieux.

«  Pouvez-vous soutenir l’humanité contre ces cannibales  ? La philosophie peut-elle réparer les maux affreux qu’a fait(s) la superstition  ?  » écrit Voltaire, cité par Linda Gil, dans la lettre par laquelle il lègue à Condorcet et d’Alembert le soin de poursuivre après sa mort la défense de son protégé. Une autre citation, tirée d’une lettre écrite quelques jours avant sa mort, dans l’article introductif de Myrtille Méricam-Bourdet, qui a coordonné ce numéro, mérite réflexion  : «  Quelle abominable jurisprudence que de ne soutenir la religion que par les bourreaux.  » Le fanatisme est malheureusement toujours d’actualité et continue de tuer. Face à lui et contre lui, être voltairien n’est pas seulement un état d’esprit mais un combat.

 
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