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Pierre Cambou, « Du sexe et de la chaise percée dans le conte voltairien »

vendredi 28 mars 2014, par Myrtille Méricam

Revue Voltaire, 14 (2014), p. 185-196.

Pierre Cambou, « Du sexe et de la chaise percée dans le conte voltairien »

Dans les contes, en pragmatique qu’il est, Voltaire use du sexe plus qu’il n’en jouit, à moins que cet usage ne lui soit une jouissance. Le sexe en effet se cache ou se dévoile, et le jeu érotique auquel il participe permet de dire sans dire, d’insinuer la pointe assassine et d’inoculer dans la représentation le soupçon philosophique. Parce qu’il est ce syntagme tournant, à la Janus, porte que l’on entrouvre, et qui met au jour et à nu les préjugés volontaires ou non, il entre dans la poétique du conte qui se pare, lui aussi, du voile du merveilleux ou de l’ailleurs (telle est la métaphore, plus pudique mais du même ordre, qu’utilise Amaside dans Le Taureau blanc) pour dire quelque vérité cachée. Mais le sexe voltairien est plus efficace encore, et tire de ses intermittences mêmes un nouvel effet, déceptif celui-ci, à l’image encore de nombreux contes dont la critique ne sait que faire, et qui déroutent à force d’apories, d’ennui et de ressassements. C’est ce complexe d’échec, constant à bien y regarder, qui rend Voltaire humain, trop humain même, lorsque l’obscène s’en mêle et que la vis erotica tourne encore et cède devant les peurs cumulées des véroles, de la castration, de l’empalement et du stercoraire. La chaise percée comme l’autre de la vitalité voltairienne.

 
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