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G. Laudin, « Du Holstein à la Transylvanie : frontières, marches et limites dans les Annales de l’Empire »

dimanche 8 janvier 2012, par Myrtille Méricam

Revue Voltaire 12 (2012), à paraître
G. Laudin, « Du Holstein à la Transylvanie : frontières, marches et limites dans les Annales de l’Empire »

Depuis Charlemagne jusqu’à la disparition du Saint-Empire en 1806, l’espace impérial et l’espace germanique ne coïncident nullement. Mais c’est à l’Est, à moindre degré au Nord (l’article n’aborde pas les limites ouest comme l’Alsace et la région de Liège), dans des régions du reste christianisées tardivement (Danemark, Saxe et les régions baltes), que cette complexité est la plus grande. C’est aussi au Nord et au Nord-Est que se formèrent au XIIe siècle deux entités politiques spécifiques et atypiques, la Hanse (qui devint vite une organisation supra-étatique assez puissante pour négocier avec les Etats et leur faire la guerre) et l’Etat théocratique et militaire des chevaliers Teutoniques. C’est dans ces deux espaces, qui entrent progressivement en déclin à partir du XVe siècle, que s’effectue en partie le processus de "nationalisation" de l’Empire. Ce sont eux, plus que les relations de l’Empire avec les Danois et les Livoniens, sur qui les Annales sont néanmoins relativement précises, qui retiennent l’attention de Voltaire.

A leur apogée, ces deux puissances représentent deux exemples paradigmatiques opposés de ce que Voltaire aime ou rejette : alors que la dictature des Teutoniques poussent à un degré extrême la violence et le despotisme féodal, les villes de la Hanse non seulement apportent la prospérité, mais elles cherchent aussi à fonder la paix et la liberté sur des bases solides, inspirant des réformes juridiques (les Auftrègues) qui seront même imitées par les souverains féodaux.

Curieusement, Voltaire ne reprend pas, tant à propos de la Hanse que des Teutoniques, des détails mentionnés par Heiss (une de ses sources principales) et qui seraient pourtant venus à l’appui de ses thèses : les incessantes expéditions des Teutoniques contre les populations voisines, les efforts accomplis par Lubeck pour structurer la Hanse comme unité supra-nationale, ou encore le fait que c’est la consolidation de l’absolutisme qui fut fatale à la Hanse. Toutefois, les passages relatifs à ces deux entités politiques, mais aussi aux Danois et aux Baltes, illustrent une idée-force des écrits historiques de Voltaire en même temps qu’une des grandes récurrences historiques qu’il observe : l’affrontement de politiques de puissances (de l’Empire, des Teutoniques, des souverains riverains de la Mer du Nord...) avec des désirs de libertés locaux. Ce soulignement des désirs de liberté est aussi présent dans les passages évoquant l’affrontement du Saint-Empire et de l’Empire ottoman : s’il ne mentionne guère le choc du monde chrétien et du monde musulman (mis en avant par les Habsbourg), Voltaire insiste sur la Transylvanie, que les deux Empires se disputent, pour montrer que si les Habsbourg peinent à s’y imposer contre les Turcs, c’est largement parce que les Hongrois ne s’empressent guère à soutenir des Autrichiens qui ont toujours brimé leurs libertés patriotiques.

 
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