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Patrick Neiertz, "Les Etrennes de 1768 : L’Homme aux quarante écus"

vendredi 13 janvier 2012, par Laurence Macé

Revue Voltaire, 12, 2012, à paraître.

Patrick Neiertz, « Les Étrennes de 1768 : L’Homme aux quarante écus  »

Des Scythes à L’Ingénu et aux polémiques avec Coger, La Beaumelle et quelques autres, l’année 1767 fut une des plus intenses de la carrière littéraire de Voltaire. Derrière ses productions et l’abondante correspondance qui les accompagnent se cache un non moins intense travail documentaire dont la future réédition du Siècle de Louis XIV n’est pas la moindre cause. L’année est aussi chargées d’« affaires » accablantes pour un septuagénaire : du scandale Lejeune à la panique qui accompagnera le succès du Dîner du Comte de Boulainvilliers en passant par les ennuis financiers et le pressentiment de la fuite de Mme Denis au mois de mars suivant.

En quelque sorte « étrennes » de la nouvelle année 1768, L’Homme aux quarante écus est un pot-pourri des lectures et des réflexions les moins angoissantes des mois écoulés : celles qui concernent l’économie politique et les autres sciences. La première partie du conte, inspirée par l’économie politique et plus particulièrement la critique des dérives sectaires de la physiocratie est la plus brillante et aussi la plus voltairienne par l’ironie qui la sous-tend. Les autres chapitres de l’apprentissage de « M. André » sont plus inégaux, la revue des avancées en matière de sciences naturelles étant obérée par le fixisme obstiné du philosophe.

Mieux qu’un pot-pourri, toutefois, L’Homme aux quarante écus est un véritable conte car un message moral y accompagne la progression diégétique : la foi dans le progrès de l’esprit humain, démontré par le microcosme de la vie de M. André, pauvre cultivateur écrasé par l’inanité de la politique fiscale du royaume qui devient –par la lecture, le bonheur familiale et l’aisance aidant– un honnête homme, presque un philosophe.

At the end of 1767 –both a fruitful and harrowing year to Voltaire– the philosopher felt the need for a summing up of his readings and writings. What had been his interests in economics, judicial and natural sciences led to L’Homme aux quarante écus. Construed as a tale, telling the pilgrim’s progress through life of an ordinary man named Mr. André, the work is an odd mix of satire against ‘mauvais livres’, usual indignations about monachism and priesthood abuses, definitive appraisals of scientific theories and a vibrant case made for moral elevation thanks to prosperity, self-improvement through written knowledge and sociability. The best part of the ‘conte’ is the beginning where physiocratic lunacies are satirized and –with some courage on the part of the writer– the French unfair and arbitrary fiscal system is exposed for all to laugh and despise. Some of the following themes commented by ‘Mr. André’ and his scientific counterparts are marred by Voltaire’s adamant rejection of any hypothesis of evolutionism. However, the philosopher’s constant support (since the Lettres anglaises) for vaccines as well as his liberal views on law and order (exemplified here by his praise of Beccaria and Servan) are enough to place L’Homme aux quarante écus among the remarkable pieces produced by the Enlightenment.

 
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