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Janet Godden, “Voltaire and the writings of Rapin de Thoyras.”

vendredi 8 octobre 2010, par Admin

Revue Voltaire 10 (2010), pp.191-99.
Janet Godden, “Voltaire and the writings of Rapin de Thoyras.”

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Paul Rapin de Thoyras (1661-1724), d’une famille protestante influente, vint en Angleterre après la révocation de l’Édit de Nantes. Après un court séjour en Hollande il revint avec l’armée de Guillaume d’Orange (par la suite Guillaume III d’Angleterre) en 1688, et y fut domicilié pendant dix ans comme gouverneur du fils du duc de Portland. Il retourna en Hollande en 1699 où il écrivit sa magistrale Histoire de l’Angleterre. Il est probable que Voltaire ait entendu parler de lui par Bolingbroke, ou peut-être pendant son séjour en Angleterre.
Voltaire était un grand admirateur de Rapin. Il demande à « avoir un Rapin de Toiras » au mois de mars 1724, année de la parution à La Haye de la première édition de l’Histoire d’Angleterre. Cette édition, cependant, ne se trouve pas dans la bibliothèque de Voltaire à Saint-Pétersbourg. Nous trouvons en revanche la nouvelle édition de l’Histoire de l’Angleterre de 1749, qui renferme les « Remarques historiques et critiques » de Nicholas Tindal, déjà disponibles en langue française depuis 1728. Les marginalia de cette édition occupent près de cinquante pages du tome 7 du Corpus des notes marginales de Voltaire.
L’emploi principal par Voltaire des œuvres de Rapin concerne surtout les chapitres sur l’Angleterre de l’Essai sur les mœurs, dont la composition et la ré-écriture s’effectue à maintes reprises depuis les années 1740 jusqu’en 1768. En feuilletant les cinquante pages du Corpus, nous constatons immédiatement que les notes marginales sont très peu nombreuses en comparaison avec les signets et les papiers collés. Il n’est pas question ici de bâtir une argumentation. Voltaire ne commente pas Rapin, il ne le critique pas, il ne plaisante pas à son propos : il s’en sert comme ouvrage de référence et source directe.
Beaucoup des renseignements de Rapin proviennent des Acta regia recueillis par Thomas Rymer, historiographe de Guillaume III d’Angleterre. C’est Rapin qui, le premier, abrège et traduit le recueil de Rymer, et relève plusieurs méprises, non seulement dans les histoires d’Angleterre, mais également dans celles de France, d’Italie, d’Espagne et des Pays-Bas. Voltaire a-t-il pris compte du fait que Rymer – en qualité d’historiographe du roi – avait accès aux vastes archives de la Tour de Londres ? Était-il peut-être un peu envieux ? Se pourrait-il que ceci ait affecté sa propre vision du travail et du rôle d’historiographe du roi, auquel il aspirait depuis plusieurs années avant de l’obtenir finalement en 1754 ?
Voltaire approuve justement le style narratif clair du récit de Rapin. À ce propos, nous notons que Rapin écrit pour des lecteurs étrangers, comme il s’en explique dans sa dédicace au roi Georges Ier. C’est comme si, étant venu en Angleterre avec Guillaume d’Orange, et ayant assisté à la fuite de Jacques II, à l’exil des Stuarts et à la succession Hanovrienne, il prenait conscience du « régime change » intervenu en Angleterre et s’adressait à un public européen nouvellement intéressé à l’histoire anglaise.

Traduction : Janet Godden

 
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